Une vallée, une rivière aux reflets argentés, un barrage surplombé par un viaduc ferroviaire, une centrale électrique. Tel est le décor métallique du roman de Franck Bouysse « Buveurs de vent ». L’entièreté de la population de la vallée et de la petite ville qui s’est assemblée en amont est asservie par un leader auto-proclamé, monstrueuse figure d’autorité. Dès les premières lignes, le ton est donné : la soumission est la règle et cet univers accablant n’offre aucune possibilité de résilience, ni de rédemption.
Ce brillant premier roman de Maylis Adhémar est une plongée édifiante dans la bourgeoisie catholique ultra-traditionnaliste. L'auteur décrit cette communauté fondamentaliste catholique d’extrême-droite sans concessions, mais ne laisse pas de place à l’amalgame : ce n’est pas la religion catholique qui est visée, mais bien l’extrémisme. L’écriture est précise, le personnage de Sixtine attachant.
Christine Jordis est journaliste, écrivain, critique littéraire et éditrice, depuis toujours passionnée de littérature anglaise. Dans cet ouvrage, cette inconditionnelle de Jane Austen transpose les personnages du roman « Raison et sentiments », paru en 1811, dans notre époque. Deux sœurs, l’une raisonnable et posée, l’autre fougueuse et incapable de concessions. A travers les raisonnements de ces personnages, leurs confrontations verbales et idéologiques, Christine Jordis passe au crible les prises de position les plus répandues aujourd’hui.
Superbe réussite que ce quatrième roman d’Alia Cardyn. Mademoiselle Papillon est infirmière. Chaque jour, avant de se rendre au dispensaire de la Croix-Rouge, elle arpente les rues, les sens en éveil, attentive aux enfants à qui il manque tant de choses « dans ce lieu où la guerre a cessé mais où elle est partout encore ».
Belle réussite que ce premier roman, qui explore la relation entre un père et son fils. Après la disparition tragique de Louis, Pascal part à la rencontre de ceux qui ont jalonné son existence, mais dont il ne savait rien. Père présent, aimant, Pascal ne manquait pourtant pas d’intérêt pour ce fils qu’il a élevé seul.
Yasmina Khadra sonde l’âme assombrie d’un antihéros indisposé par le bonheur des hommes, incapable de soutenir leur regard, miroir de ses propres échecs. Chaque rencontre est un rendez-vous raté qui l’éloigne un peu plus de l’objet de sa démarche inconsciente : se (re)trouver lui-même.
Page après page, tout dans ce roman respire l’Amérique : les innombrables références à la vie américaine – lieux, prénoms, enseignes commerciales, cocktails, ambiances – mais aussi l’écriture même. La romancière parvient à trouver un style, un rythme, une consonnance qui nous font penser que l’on est en train de lire en anglais.
Ce nouvel opus voit le commandant de la Police Judiciaire Martin Servaz enquêter sur un meurtre sordide dans une vallée des Pyrénées littéralement coupée du monde par un éboulis. Le roman est noir à plus d’un titre. D’abord parce que c’est le genre que l’auteur affectionne, et qu’il nous livre ici un véritable thriller, peu adapté aux âmes sensibles.
Dans la famille très nombreuse de Guillaume Musso, voici le petit dernier, paru dès les premiers jours de déconfinement. Avec ce roman, Musso poursuit en quelque sorte le travail entamé avec « La vie secrète des écrivains ». Au-delà de l’intrigue bien ficelée, chargée de rebondissements laissant le lecteur un rien vexé de n’avoir rien vu venir, il se penche sur le processus de l’écriture.
De sa plume impeccable, Leïla Slimani nous passionne pour son roman et ses personnages, grâce à leur sincérité. Il n’y a pas de coups bas, pas de mensonges ; chacun apporte simplement son vécu et ses espoirs, et lutte désespérément pour obtenir ce qu’il désire. Alors comme elle, on les observe et on tente de les comprendre, sans les juger.