« Nickel Boys » est une histoire forte basée sur un fait véridique : la découverte macabre faite en 2013 de corps enterrés dans le bois adjacent à une école disciplinaire de Floride. Pour ce récit édifiant imaginé sur fond du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, Colson Whitehead reçoit pour la deuxième fois le prestigieux prix Pulitzer.
Délicieuse découverte que ce petit livre vert. Olga Togarczuk, romancière polonaise lauréate du Prix Nobel, dévoile avec une apparente simplicité ce conte philosophique se déroulant au 17ème siècle, prétexte à soulever des questions toujours pertinentes quatre cents ans plus tard.
C’est au cours d'un voyage en Equateur que Luis Sepúlveda rencontre le peuple Shuar. Il vivra un an parmi eux au sein de la forêt amazonienne. Dix ans plus tard, alors installé en Croatie, il écrit « Le vieux qui lisait des romans d’amour », récit largement autobiographique qui emmène le lecteur auprès de cette communauté d’Amérindiens réducteurs de têtes.
Grâce à son écriture précise, sensible, et à travers ses descriptions colorées, follement poétiques, on suit avec bonheur David Malouf dans les grandes étendues australiennes. Et lorsque l’auteur nous embarque dans les tranchées, c’est l’uniformité des couleurs, l’absence de nuances, qui nous font ressentir la misère des hommes au combat.
En mathématiques, les nombres premiers jumeaux sont des nombres premiers qui ne diffèrent que de 2. Paolo Giordano a eu l’idée brillante de transposer ce concept dans son roman. Ses deux personnages centraux ressemblent à ces nombres premiers : très semblables, voisins presque, et pourtant en permanence séparés par quelque chose – d’autres personnes, l’éloignement géographique, les aléas de la vie – qui les empêche de vivre réellement l’un contre l’autre.
C'est une pure merveille où l'intelligence de la musique se révèle à chaque instant au cours de ces conversations entre le maître de la littérature nipponne, Haruki Murakami, et l'illustre chef, compatriote de l'écrivain, Seiji Ozawa.
Grand, très grand roman que celui de Julian Barnes où l'auteur explore avec brio la question: vaut-il mieux avoir aimé et perdre ou ne jamais avoir aimé? Un régal!
A l'heure où certains veulent effacer le passé pour ne plus éclairer le présent, Bret Easton Ellis convoque le conservatisme pour obliger, avec "White", à penser et d'abord contre nous-même.
Voici un livre vertigineux qui conte, sous forme d'un chant, inspiré des longs poèmes en prose des classiques grecs (Homère,...), deux cents ans d'Histoire. Celle d'une famille d'affairistes et, en filigrane, celle de l'Amérique et du monde où la main de Dieu guide la folie des hommes. Prodigieux!
Dyptique exceptionnel que ce "Meurtre du Commandeur" où, à l'instar de 1Q84, Murakami explore ses obsessions, la solitude et la création. Œuvre foisonnante, ambitieuse, profonde et pourtant d'une rare fluidité. "Le meurtre du Commandeur" se révèle une véritable odyssée initiatique...