On l’avait quitté en lisière des forêts de Sibérie, pour le revoir en side-car sur les traces de Napoléon en Russie. Il traverse ensuite la France sur ses sentiers ruraux....
LireLe vieil homme et la mer Ernest Hemingway
Par Dominique de Poucques – 22 janvier 2023
Le roman lauréat du Prix Nobel en 1954 n’est plus à présenter. Pourtant il n’a peut-être jamais été plus actuel. Au-delà de l’apparente simplicité du récit se trouve une formidable allégorie de l’homme face à la force supérieure de la Nature. Santiago, un vieux pêcheur cubain en manque de chance vit une vie spartiate, rythmée par ses sorties en mer dans une pauvre barque. Il a pendant un temps été accompagné sur les eaux par un jeune apprenti. Les parents de celui-ci, insatisfaits du produit de la pêche du vieil homme, lui ont trouvé un autre mentor. Ces deux-là sont néanmoins restés attachés l’un à l’autre et le gamin vient lui rendre visite à la moindre occasion. L’amitié qui les unit à travers leur passion maritime se satisfait de peu de mots. Alors qu’arrive le 85ème jour du pêcheur sans succès, une sorte de superstition le pousse à croire au retour de sa chance. Il prend le large, confiant. Quand quelques heures plus tard, un énorme poisson mord à l’hameçon, débute un combat de plusieurs jours dont l’issue sera forcément fatale à l’un d’eux. Les pensées du vieil homme, qu’il énonce à voix haute, s’adressant au poisson piégé, à lui-même, à sa main blessée, reflètent le questionnement de cet être qui navigue avec bonheur mais tue sans plaisir : « Il est déjà suffisamment difficile de vivre des ressources de la mer et de tuer nos frères. » Sa pensée est par moments confuse : il se demande finalement lequel, du poisson et lui, ramène l’autre vers le rivage. Lorsqu’arrive le premier requin, Santiago repart au combat, cette fois pour préserver son butin. Le périple se complique et le mène à plus de questionnements existentiels : le pêcheur tue-t-il uniquement dans le but de vivre, ou également par orgueil ? Le doute s’installe : « Comme je regrette tout ça, poisson. Plus rien n’a de sens maintenant. » Juste avant son arrivée au port, où plus personne ne l’attend, il met un point final à sa réflexion : « La vie est simple quand on a perdu, pensa-t-il. Je n’aurais jamais cru qu’elle était si simple. Et qu’est-ce qui t’a fait perdre ? Rien, dit-il à haute voix. Je suis allé trop loin. »
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