Grâce à son écriture précise, sensible, et à travers ses descriptions colorées, follement poétiques, on suit avec bonheur David Malouf dans les grandes étendues australiennes. Et lorsque l’auteur nous embarque dans les tranchées, c’est l’uniformité des couleurs, l’absence de nuances, qui nous font ressentir la misère des hommes au combat.
En mathématiques, les nombres premiers jumeaux sont des nombres premiers qui ne diffèrent que de 2. Paolo Giordano a eu l’idée brillante de transposer ce concept dans son roman. Ses deux personnages centraux ressemblent à ces nombres premiers : très semblables, voisins presque, et pourtant en permanence séparés par quelque chose – d’autres personnes, l’éloignement géographique, les aléas de la vie – qui les empêche de vivre réellement l’un contre l’autre.
L’auteur pose un regard atypique sur les relations de couple et d’amitié, dans leur forme peu courante, fondamentalement généreuse, lorsqu’elles n’attendent rien en retour. Ici, chacun aime l’autre pour ce qu’il est, et non pour le regard qu’il lui renvoie. Les sentiments sont forts, partagés, mais exprimés différemment selon les protagonistes.
Dans ce troisième volet de la série présentant Tomar Khan, inspecteur parisien installé au célèbre « 36 », Niko Tackian aborde le thème des violences faites aux femmes. Le roman s’inscrit dans l’actualité pour dénoncer l’injustice et les limites de l’appareil judiciaire face aux sévices physiques et psychologiques infligés aux femmes. Pour autant, il est moins sombre que les deux précédents, l’auteur ayant choisi de décrire un enquêteur plus en paix avec son passé, ramené vers la lumière par sa co-équipière. Elle est l’un des personnages féminins remarquables de cette aventure.
600 pages. Presque 600 pages qui se dévorent sans pouvoir s’arrêter. Marie-Aude Murail est une des « page-turner » jeunesse contemporaine française les plus doués de sa génération. Sublimé par les illustrations à l’aquarelle de Philippe Dumas, le roman nous transporte au sein de la bonne Société Anglaise du 19ème siècle, celui où une fillette devait grandir sagement avant d’être présentée au monde et devenir alors une épouse respectable et une mère dévouée, ce qui ne s’accorde pas vraiment avec le caractère de cette héroïne hors du commun.
Pierre Lemaître clôture ici sa trilogie logée au cœur du 20ème siècle, une fresque marquée par la montée et l’ancrage des totalitarismes en Europe. Et de regretter qu’il n’ait pas l’intention d’en faire une tétralogie...
On l’avait quitté en lisière des forêts de Sibérie, pour le revoir en side-car sur les traces de Napoléon en Russie. Il traverse ensuite la France sur ses sentiers ruraux. Cette fois, on retrouve Sylvain Tesson sur les plateaux du Tibet, à la recherche de la trop rare panthère des neiges.
Pour écrire cette biographie romancée, Catherine Locandro donne la parole à trois des personnes les plus proches de Cassius : sa mère, son frère et son entraîneur. C’est donc à travers leurs regards croisés et leurs souvenirs que se dessine le destin extraordinaire du plus grand boxeur de tous les temps : Monhamed Ali.
Lire La fourmi rouge, c’est plonger en apnée dans la tête et la vie de Vania Strudel, 15 ans. L’amitié, l’amour, la famille, le lycée, les mensonges dont on s’accommode et les vérités qu’on tait pour ne pas souffrir, tels sont les thèmes abordés dans ce roman.
Elle était la plus belle voix du XXème siècle. Surtout, c’est son incroyable capacité à se fondre dans les rôles des plus grandes héroïnes de l’opéra avec une densité telle que les larmes des spectateurs ne pouvaient se sécher qu’au dixième rappel, que les critiques ont à l’unisson célébré. Si La Callas était connue de tous, qui pouvait se targuer de connaître Maria ? La femme, l’épouse, l’amante, la stakhanoviste du répertoire. Nombreux sont ceux qui ont écrit à propos de la diva, y allant de leur interprétation, de leurs commentaires.