En 39, Staline envahit la Finlande, loin de se douter que cette guerre le ridiculisera et élèvera les soldats finlandais au rang de héros. L'un deux deviendra une légende vivante.
LireLa patience des traces Jeanne Benameur
Par Dominique de Poucques – 2 février 2022
Comme à son habitude, Jeanne Benameur éblouit par la beauté de son écriture. Ses mots résonnent en profondeur, faisant mouche à chaque fois, touchant au cœur de l’humain.
Simon est psychanalyste. Il a dédié sa vie à l’écoute des autres, à la recherche de pistes possibles pour ceux qui se trouvaient en errance. Un métier de silence, pour provoquer les mots sur le divan, « la profondeur tue de toute une existence ». Il ne regrette rien mais a besoin de quelque chose de nouveau. Il part seul, à la recherche de sa propre parole. Quel lieu autre que le Japon, pour accueillir son besoin d’éloignement ? Couchant ses pensées sur le papier, l’homme trouve dans l’écriture des souvenirs intacts et douloureux : « Il y a de longues plaintes tenues parfois dans nos poitrines. Un jour elles trouvent le chemin et montent jusqu’à nos lèvres. Simon est seul et il pourrait hurler sur cette plage mais le son qui sort de sa bouche est bas, rauque. C’est un grondement, de ceux qui annoncent les tremblements de terre ou les éruptions volcaniques. Un grondement souterrain qui soulève en vagues lourdes la souffrance trop longtemps muette. » Commence alors un apprentissage. Sans l’abri de son cabinet de psychanalyste, Simon prendra le chemin de la découverte de soi, en cela aidé par la bienveillance généreuse du couple qui l’accueille. Le livre est parsemé de belles analogies : les histoires sur le divan et les vêtements de madame Itô, précédemment tissés par d’autres ; le coffre dans lequel l’élégante Japonaise range ses tissus servira de réceptacle au passé de Simon : « Akiko a les gestes lents de qui officie pour une cérémonie. Elle range la cape en murmurant quelques mots. Il ne lui demande pas de traduire. Chacun d’eux replie lentement son histoire dans le coffre. Ils partagent en ce moment quelque chose de commun, en silence. Quand on a ouvert le coffre, plus rien n’est à l’abri. Il le sait. Les souvenirs ont leur vie propre. Ils n’ont que faire de nos peurs ; Il n’y a plus qu’à être à la hauteur. La liberté est à ce prix. La seule qui vaille. »
Roman initiatique, intimiste et de transmission, « La patience des traces » laisse un sentiment de sérénité, de paix quasi tangible.
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